Les héros n’ont pas leur place à Brétignolles

Ma demande officielle de baptiser une rue du nom de Jacques Walker a reçu de la part de la mairie une  réponse sans surprise.

Alors qu’une partie de notre jeunesse  peine à trouver les vraies valeurs et que notre société découvre son hypocrisie en particulier sur son comportement vis à vis des femmes, il me semble que les élus devraient montrer la voie.

C’est ce que je viens de rappeler à Monsieur le Maire.


Monsieur le maire,

En 2014 je vous demandais d’apposer sur le fronton de la mairie ainsi que sur l’école publique la devise de notre république. Vous réfugiant derrière des textes qui ne prescrivent pas d’obligation, vous l’aviez apposée uniquement sur l’école.
Nous sommes ainsi une des rares communes de France à ne pas porter les mots Liberté Egalité Fraternité sur le fronton de la mairie.

A l’heure où la jeunesse a perdu beaucoup de ses valeurs, il me paraissait important qu’à travers une action symbolique, nous puissions honorer nos héros.

Voilà pourquoi je vous demandais d’apposer le nom d’un Brétignollais devenu résistant à 17 ans (M. Jacques Walker) à une rue de la commune.

Vous invoquez le fait « qu’un certain nombre d’usages encadrent cette compétence, que le Conseil Municipal entend privilégier des personnages ayant marqué l’histoire de la commune…qu’il s’agit là d’une pratique historique… »

Ces arguments apparaissent fallacieux et les faits le prouvent puisque vous n’avez pas hésité à juste titre à nommer une place « Je suis Charlie » bien que ce ne soit pas un personnage ayant marqué l’histoire de la commune ! C’était une question d’hommage et de devoir de mémoire.

En revanche, alors que depuis quelques temps des voix s’élèvent partout en France et dans le monde contre les violences faites aux femmes, vous tolérez qu’une rue continue à porter le nom d’Yves Montand, dont il est de notoriété publique qu’il a abusé de sa belle-fille, Catherine Allégret, âgée de 4 ans.

Décidément, nous ne portons pas les mêmes valeurs.

Nicolas Ducos

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Une nouvelle sentinelle du littoral à Saint Hilaire de Riez

Récemment la presse nous informait du rachat par M. Chabot du « Club Saint Hilaire » à la pointe de Pil’ours à Saint Hilaire de Riez.

Si certains s’interrogent sur les relations d’intérêts entre le président de la CDC et son activité entrepreneuriale locale,  nous nous félicitons de la hauteur de vue qu’il va pouvoir prendre par rapport à son grand projet.

En effet, cet emplacement privilégié au-dessus de l’entrée du port de Saint Gilles Croix de Vie est sans conteste le meilleur endroit pour juger de la complexité des manœuvres pour entrer et sortir d’un chenal.

Veilleur

Nul doute que du haut de sa « Vigie », Monsieur Chabot comprendra enfin que de telles manœuvres seraient très dangereuses à la Normandelière et qu’il en tirera toutes les conséquences en sa qualité d’élu pour stopper un projet qui porterait atteinte à l’environnement, à l’intérêt général et aux finances publiques de notre collectivité.

Mais il ne faut pas rêver…

 

Une figure de Brétignolles disparait.

JACQUES WALKER

Il y a dans la vie des rencontres qui vous marquent à jamais et Monsieur Jacques Walker,qui nous a quittés lundi dans sa 95 ème année, était de celles-là.

En avril 2003, il faisait partie de la dizaine de personnes qui m’a rejoint pour créer l’Association La Vigie et j’ai tout de suite été marqué par son charisme et sa forte personnalité.

J’étais pourtant loin de me douter que toute sa vie avait été une vie de combat. Fortuitement, car il était d’une extrême discrétion, j’ai appris qu’à 17 ans il s’était engagé dans la Résistance. Il a été dénoncé, déporté et torturé. Il fut libéré, se sortit si faible du camp de Dachau qu’il en garda des séquelles physiques à vie, mais il survécut  et porta à jamais cette leçon de vie, lui donnant la certitude que plus rien ne pouvait désormais lui arriver. Plus que tout autre, il savait ce qui était important et futile.

Il refusa la Légion d’Honneur par respect pour ses camarades, les vrais héros qui, eux, ne sont jamais revenus.

Tout naturellement, il a donc été le premier, à 80 ans, à militer et à poser une banderole devant chez lui. Combien de fois n’est-il pas accouru chez moi avec ses idées et ses notes rédigées dans la nuit, car son esprit brillait. Il n’avait pas peur et avait la sagesse et la hauteur de vue de celui qui ne combattait pas un homme mais un projet.

Il a formé avec Liliane un couple si amoureux qu’ils rayonnaient à en faire des envieux.

Aujourd’hui j’ai bien sûr perdu un ami, mais j’ai surtout eu la chance de connaître un homme exceptionnel qui aura fait preuve toute sa vie d’une grande humilité.

Monsieur Walker fut pour moi un exemple de courage et d’abnégation.

Afin d’honorer ce grand résistant, cet homme intègre et courageux qui aimait profondément Brétignolles, je vais proposer au conseil municipal de donner son nom à une rue de notre commune. Demande officielle de baptême de rue

Nicolas Ducos